• Katia H

Premier pas dans la blogosphère : Il suffit d'une rencontre de Patrick BUCHARD

Mis à jour : 3 août 2019

3...2...1...c'est parti! Vous voilà prêts à démarrer la lecture de ma première chronique dans l'univers des blogs. Waouw! Un petit pas pour l'humanité mais un grand pas pour moi. Cette première chronique est un peu spéciale...Je vous explique tout cela juste en dessous. On y va?

Les lecteurs assidus qui passeront par là savent certainement que régulièrement, le site littéraire Babelio organise des masses critiques. L'objectif est pour le lecteur, membre du groupe, de recevoir gracieusement un livre sélectionné parmi une liste d'ouvrages offerts par les maisons d’édition. Pour l'éditeur, c'est l'occasion de faire découvrir la publication. Pour Babelio, cela permet d'augmenter leur catalogue de livres. Pour le lecteur, c'est une lecture offerte. En échange du don, le lecteur s'engage donc, une fois le livre reçu, à poster un commentaire de sa lecture sur le site. C'est d'ailleurs ce que je vais m'empresser de faire une fois que j'aurai achevé cette chronique puisque j'ai eu la chance d'être sélectionnée en juin.


Je ne lis habituellement pas ce genre de livre. Je préfère m'évader dans un roman fictif plutôt que de m'embarquer dans la lecture de témoignage. De plus, le sujet abordé ici est l'alcoolisme dans le milieu du travail. Un sujet taboo dans notre société où il est coutumier, comme l'auteur le précise dès les premières pages, de passer du silence honteux à la critique acerbe. L'alcool est présent partout. Il est présenté comme un loisir. C'est une boisson qui rend cool, qui donne de l'importance et qui permet de créer des liens, de s'amuser et de se détendre. Et pourtant...


Patrick Buchard fait partie de ces gens qui pour une raison ou une autre se laissent prendre au piège par les boissons alcoolisées dès le début de l'adolescence. Petit à petit, l'étau alcoolique se referme sur lui. Dépendance, solitude, perte d'estime de soi,...Il ne faut pas vous faire un dessin. Vous avez tous un jour croisé quelqu'un (de bien) qui a répondu aux sirènes et a sombré dans les brumes éthyliques. Personne n'ignore que la dépendance alcoolique est une drogue. L'auteur s'insurge d'ailleurs du fait que l'état français finance des campagnes contre les drogues douces et dures alors que chaque année, l'alcool fait nettement plus de morts et génère un nombre important de maladies (donc de dépenses en soin de santé)...et que rien n'est fait, mis à part la célèbre phrase hypocrite: "L'abus d'alcool est dangereux pour la santé". Cherchez l'erreur...Chez les lobbyistes?

Il est plus simple de lutter contre les cartels de la drogue que contre des amis en costards et cravates qui vous font de généreuses donations et qui, grâce à la TVA, remplissent les caisses de l'état...


Patrick Buchard fait partie des chanceux. De ces gens qui croisent lors de leur descente aux enfers une personne. Cette personne leur tend la main, leur propose un soutien et les aide à s'en sortir. Patrick Buchard n'est pas forcément chanceux. Il est surtout courageux. Accepter l'aide d'autrui, c'est une chose mais avoir le courage d'affronter ses démons, de changer de vie, de sortir du statut de victime, de dire non à une addiction, c'est clairement autre chose. L'auteur y arrive et c'est tout à son honneur. De son expérience de malade alcoolique, il fait un levier et crée un programme d'aide pour les travailleurs alcoolo-dépendants au sein des entreprises.

Le concept est novateur à l'époque. Les employeurs font appel à lui pour encadrer un membre du personnel pris au piège par l'alcool. L'idée est de valoriser ces personnes par le biais du travail en les aidant à retrouver confiance en eux et en leurs compétences. Cela permet de réhabiliter du personnel compétent et de le garder au sein de l'entreprise.


La démarche de l'auteur est centrée sur le positif, sur la reconnaissance de l'alcoolisme comme une maladie et non comme une tare. Pour lui, nous nous devons d'aider les malades alcooliques tout autant que les malades du cancer. Nous le faisons rarement car nous jugeons les malades alcooliques. Or, celui qui tombe malade ne le choisit pas. Il est victime d'une dépendance qui lui échappe. Afin de guérir, il a besoin d'être soutenu.

Je sais que certains me diront que vivre à côté d'un malade de l'alcool est pénible et destructeur. C'est vrai et l'auteur ne le nie pas. Cependant, malgré les difficultés rencontrées et les horreurs vécues, il insiste sur une nécessité de garder notre humanité. La famille ne doit d'ailleurs pas accompagner une personne alcoolo-dépendante. Elle doit l'encourager sans jugement à prendre conscience de sa pathologie et la soutenir dans ses démarches de sevrage. Ces dernières se feront avec le soutien d'un parrain, de groupes de soutien comme les Alcooliques anonymes.


L'auteur nous raconte donc son histoire, sa rencontre et puis ensuite son parcours en tant que coach au sein des entreprises. Il raconte ses réussites comme ses échecs.

Il écrit un texte simple et facilement accessible. Le but ici est clairement de servir la cause de la guérison et pour cela il est indispensable de se mettre au niveau du tout un chacun. C'est finement joué puisqu'en rendant le texte accessible à tous, il lui donne plus de chance d'être lu par un public large. Les techniques pratiquées par monsieur Buchard ne sont certainement pas révolutionnaires à notre époque (et encore, la loi du silence reste encore et toujours plus simple). Je pense cependant que lorsqu'il a démarré son programme en 1989, elles l'étaient totalement. Il a fait de sa maladie un levier pour aider autrui. Du négatif, il a construit du positif. A la lecture de son témoignage, il nous rappelle que c'est une absolue nécessité pour tous. Nous avons d'ailleurs grandi en nous trompant, en nous relevant, en recommençant, en modifiant certaines choses. Il est donc humain de se tromper, d'apprendre et d'évoluer.


Chacun hérite de son lot de mésaventures, de douleurs et de souffrances. Certains plus que d'autres, malheureusement...Mais je n'oublie pas que le malheur peut être un pont vers le bonheur, surtout quand il vous fait entrer en communion avec la souffrance d'autrui. - Patrick Bouchard



J'ai apprécié la lecture de ce livre. La problématique m'a fortement intéressée. Il est également agréable de parler d'un sujet fort comme celui-ci sous un autre aspect que l'aspect habituel, sans les jugements, les idées toutes faites et les avis de personnes qui ne connaissent l'alcoolo-dépendance que par les livres, les conférences et les cours universitaires. Monsieur Buchard écrit de façon claire et fluide. Son texte est direct.

Il ne prend pas de gants. Il expose des faits et ne met rien sous silence.

La lecture est rythmée. Il n'y a pas de perte de temps et le livre est vite terminé. La lectrice que je suis n'en a pas été gênée car l'essentiel avait été dit. Je rejoins l'auteur dans ses propos et je suis convaincue comme lui que le positif amène le positif. Il en est de même dans nos classes.


J'émets cependant un bémol. Le livre est essentiellement axé sur le malade. Les relations de travail sont présentées. Les attitudes des collègues et supérieurs hiérarchiques sont analysées. Cependant, ce livre ne m'a pas forcément touchée. Il y manque à mon sens une mise en évidence plus positive des comportements de l'entourage professionnel. Même si ces gens ont honte ou qu'ils préfèrent ne pas s'en mêler, je pense, besoin d'être plus entendus et écoutés au sein des entreprises. Peut-être doivent-ils, eux aussi, être inclus dans le processus de guérison. Plus globalement, il est temps d'accepter les choses comme elles sont, d'informer les gens sur cette maladie et de leur donner des pistes concrètes (et pas des "ferme les yeux" ou des "vire-le") afin de pouvoir soutenir leur collège. L'ignorance nourrit la bêtise.


https://www.babelio.com/livres/Buchard-Il-suffit-dune-rencontre/1149379#critiques


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